La relation qui te convient

C’est beau, l’amour! Et ce, qu’il soit platonique, mixte, filial ou autre. Mais au fur et à mesure que nos conceptions des relations évoluent, le portefeuille doit s'adapter lui aussi.
Animation :
Rosalie avec Jessica.
Invités :
Amélie et Alexis, couple hétéro et interracial, ainsi que Chloé et Ronan, parents et couple polyamoureux.

Épargner
sans
s’épargner

Quand l'amour et l'argent font bon ménage

Que serait-il arrivé si, depuis notre plus tendre enfance, on nous avait raconté dans les contes de fées que les princesses pouvaient s’épanouir dans la solitude sans avoir à être sauvées? Et si les fins heureuses se dénouaient plutôt par « et ils vécurent heureux et eurent plusieurs amants »? En 2021, plus question de faire semblant qu’il suffit d’embrasser un seul crapaud pour être comblé pour l’éternité. On discute des modèles amoureux et de leur fluidité avec Josiane (@josianeseychelles), qui s’épanouit dans le célibat, et Maël, qui a trouvé son bonheur dans une relation polyamoureuse. Bien que je ne sois pas très encline à croire aux contes de fées, ma rencontre avec ces deux généreuses personnes m’a convaincue d’une chose : le couple n’est pas une finalité en soi.

Josiane (@josianeseychelles) et Maël

Rosalie : Qu’appréciez-vous le plus de votre mode de vie?

Josiane : J’aime l’idée de n’avoir aucun compromis à faire. J’ai toute la liberté nécessaire pour explorer chaque facette de moi-même et des microsystèmes qui m’entourent, comme ma famille immédiate et choisie, mes collègues et mes amis. Dans le passé, je les ai parfois négligés à cause d’une relation amoureuse qui m’a tenue à l’écart, et aujourd’hui que je m’en suis affranchie, je savoure pleinement chaque moment passé en leur compagnie.

Maël : Je crois qu’il est faux de croire que l’on peut combler tous les besoins d’une personne, et qu’inversement, une personne peut suffire à combler tous nos besoins. Dans les relations polyamoureuses, le partage des ressources est optimisé, on peut déléguer! Ça contribue à diminuer la pression que je peux m’imposer à moi-même ou à mes partenaires.

Rosalie : À votre avis, quelle est l’idée préconçue la plus répandue sur votre mode de vie?

Josiane : Les gens pensent souvent qu’il me manque quelque chose et que je suis triste de ne pas avoir de partenaire de vie. Ce n’est pas du tout le cas. Je crois toujours en l’amour, mais ma propre compagnie me comble amplement pour l’instant. Et si je dois finir ma vie toute seule avec 33 chats, c’est que j’aurai l’espace et l’argent pour me le permettre, un signe que j’aurai réussi ma vie!

Maël : On pense à tort que les personnes polyamoureuses peuvent faire à peu près n’importe quoi avec n’importe qui. Toutefois, le polyamour ne témoigne pas d’une déresponsabilisation ni d’un manque d’engagement. Au contraire, je suis convaincu.e que ce modèle amoureux en requiert davantage que les autres. Personnellement, je me plais à déconstruire ces idées reçues. J’évolue dans une structure saine qui m’a donné l’occasion de cheminer plus que je ne l’ai fait dans n’importe quelle autre relation.

Rosalie : Votre situation amoureuse implique-t-elle des défis financiers?

Josiane : Être seule me coûte beaucoup moins cher, puisque j’économise sur la thérapie! (Rires) Évidemment, j’assume le coût de mon loyer et de toutes mes factures par moi-même, mais j’estime que j’achète ma paix d’esprit et ma liberté. Je suis ouverte à partager ma vie avec quelqu’un, mais pas à n’importe quel prix.

Maël : L’argent n’est pas vraiment un enjeu. Pour l’instant, nous vivons chacun.e dans nos propres appartements puisqu’on a fait le choix de garder notre indépendance financière. Ma blonde dépense davantage puisqu’elle a deux amoureux qu’elle veut gâter, mais autrement, si on peut partager pour deux, on peut partager pour cinq! Dans le polyamour, l’aspect financier se gère comme toutes les autres ressources : ça exige de la clarté, de la transparence, de la communication et encore de la communication!